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Tilleul
argenté : danger pour les abeilles et bourdons ?
2010 Année mondiale de la biodiversité
Bruxelles Nature craint une hécatombe
d’abeilles et bourdons avenue de Tervuren
Les
associations attentives à la nature bruxelloise, regroupées sous la
bannière de Bruxelles-Nature, tirent la sonnette d’alarme : le
remplacement des marronniers, av. de Tervuren, par des tilleuls
argentés risque d’avoir des incidences très graves sur les populations
d’insectes butineurs.
En
effet, l’arbre de remplacement choisi, le tilleul argenté (Tilia
tomentosa) est un arbre très odorant, à l’odeur parfois même
écœurante. Dans la nature, les odeurs sont liées à l’annonce de
nourriture, elles indiquent la présence de nectar aux insectes en quête
de ce liquide sucré.
Ce
parfum puissant secrété par le tilleul argenté attire les abeilles à
plusieurs kilomètres à la ronde. Une fois sur place nos butineuses, par
l’odeur ensorcelées font bombance de pollen et de nectar et repartent
ravies.
Sauf
qu’il y a un problème de taille : le tilleul continue à diffuser cette
odeur attractive lorsqu’il fait très chaud et sec, alors que, par manque
d’eau à pomper dans le sol, il ne produit plus ce précieux nectar. En
cas de sécheresse, l’arbre est un leurre pour les abeilles et les
bourdons qui accourent au festin annoncé par les sécrétions olfactives
mais trouvent table dressée, mais coupes à nectar vides. L’odeur les
persuade que la récompense se cache au cœur de la fleur, mais n’y
trouvent aucun liquide sucré duquel se régaler. Les insectes errent
alors et tournent en rond jusqu’à mourir d’épuisement et de faim.
Il
semble que nos autorités et nos administrations compétentes dans le
dossier des arbres de l’avenue de Tervuren n’aient pas été informées de
l’aspect docteur Jekyll et Mister Hyde des tilleuls argentés. Cet arbre
est interdit de plantation dans certaines régions d’Autriche. En fond de
vallée humide, le problème ne se présente pas. L’avenue de Tervuren
a-t-elle le profil de « sol riche et frais » ? Peut-être dans le fond,
près des étangs Mellaerts, mais ailleurs sur les flancs de la vallée de
la Woluwe ?
Pour
Bruxelles Nature, le principe de précaution doit s’appliquer dans le
présent cas. On ne peut prendre le risque de tuer nos abeilles
urbaines les années de sécheresse. Les plantations à Bruxelles doivent
tenir compte de la biodiversité urbaine. Dans la ville les arbres
vivent, les insectes vivent, les oiseaux vivent, les hommes vivent !
Nous
demandons que le choix des espèces plantées se fasse en cohérence avec
le milieu urbain dans lequel il se situe. D’autant plus que d’autres
boulevards bruxellois devraient prochainement connaitre le même sort.
Nous souhaitons
également la mise en place d’une commission biodiversité, qui
examinerait tous les dossiers d’aménagement du territoire, tant public
que privé, qui étudierait l’ensemble des éléments influençant le vivant
et qui rendrait des avis contraignants.
Marc
WOLLAST
H. MARDULYN
Apis Bruoc Sella
Président de
Bruxelles Nature
GSM :
0475
60 10 78
(pour infos
complémentaires)
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