BRUXELLES NATURE -  relevés anti-nature ?

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Des dossiers d'urbanismes avec des relevés nature qui font honte à la biodiversité

MAUVAIS DEPART POUR 2010
« ANNEE DE LA BIODIVERSITE »

Bruxelles Nature et l’ACQU sont indignés !

L’IBGE (Bruxelles Environnement) autorise-t-elle les promoteurs à bâcler les relevés nature joints à leur demande ?

Peux-t-on accepter qu’ un promoteur nie la nature et la biodiversité en ville ?

La protection des habitats naturels passe-t-elle au second plan
dès qu’il s’agit de projets immobiliers initiés par la Région elle-même ?

L’administration de l’environnement doit-elle adopter une attitude politiquement correcte ? 

Un document présenté à la commission de concertation, dans le cadre d’une demande de permis pour construire du logement social et moyen chée d’Alsemberg à Uccle a fortement choqué la communauté des défenseurs de la nature et de leurs associations bruxelloises.  Ce dossier complémentaire (qui n’était par ailleurs pas disponible à la consultation publique) à la demande de permis est sensé réaliser l’état descriptif de la faune et de la flore présentes sur le site . Cette étude ressemble davantage à une imposture !. Le travail est incomplet et peu cohérent C’est un travail bâclé qui est tout sauf un rapport scientifique.

Prenons quelques exemples : La liste des oiseaux reprend des espèces absentes des environs et ignore des espèces courantes aux alentours. En ce qui concerne la flore, les noms latins ne ne sont mentionnés que pour certaines plantes, alors que d’autres ne sont citées que par leur nom vernaculaire (nom commun).

Il est clair que l’inventaire n’a pas été réalisé par un scientifique digne de ce nom. Seul le relevé dendrologique (la liste des arbres) a été correctement effectué. Par ailleurs le dossier ne comporte même pas un inventaire de la faune (autre que l’avifaune) alors que le site est proche de zones humides et sert notamment de refuge aux batraciens.

Le terrain concerné (à 100 mètres de la gare de Calevoet) s’est boisé spontanément et recèle une richesse biologique appréciable, confirmée par la mention de « site à haute valeur biologique » sur la carte d’évaluation biologique du PRD. Il profite d’autre part de la proximité du Keyenbempt dont l’IBGE a restauré la valeur biologique et de ce fait participe au maillage écologique.

Ce morceau de nature est resté  inviolé depuis plus d'un demi siècle  en raison du barrage formé par la butte et la chaussée, et de la pose d’une clôture. 

Le rapport d’incidences du projet n’a nullement tenu compte de cette réalité. Il s’est fondé uniquement sur une vision paysagiste de l’aménagement du territoire, faisant état d’un site boisé sans valeur particulière.

Les associations locales ont contesté ces affirmations, soulevant au contraire la valeur du site en terme de biodiversité. (Face à cette légèreté, la commission de concertation a demandé un complément d’informations au demandeur).

Notre réaction n’a pas pour objectif de s’opposer à la construction de logements sociaux. Comme tous les bruxellois, nous sommes conscients des nécessités urbaines, mais il n’est pas acceptable que la Nature et la biodiversité soient ignorées et détruites, tout en donnant une une fallacieuse  impression de prise en compte de l’environnement par des études d’incidence bâclées ou mensongères au pire.

La négation de l’importance la Nature est un mépris tant de la part des initiateurs publics du projet que des personnes chargées de son élaboration. Ces effets d’annonce concernant la biodiversité en cette année 2010 devraient avant tout se manifester dans les pratiques quotidiennes, sur le terrain et dans les approches de tous les auteurs de projets…

                                              H. Mardulyn (Bruxelles Nature)                              B. Jouret (ACQU)

 

 

Note concernant le relevé ornithologique

 L’étude de l’avifaune est inconsistante : nombreux sont les oiseaux courants dans les jardins (voir les relevés annuels de Natagora mais ils ne sont plus sur leur site à cette saison) qu’ils ne relèvent pas. Un bon amateur en trouverait bien plus. Cela ressemble à un travail effectué d'après des livres, en piochant presque au hasard. Ce n’est pas un travail sérieux. La bibliographie n’est pas citée !

Qui a déjà entendu parler de fauvette frisette à Uccle, oiseaux inconnus qu’ils voudraient attirer !

 Il manque presque à coup sûr : 

  • moineau domestique, celui-là , c'est possible qu’il ne soit plus présent … mais il faudrait alors l'attirer (voir ci-dessous).
  • pouillot véloce (commun, présent partout)
  • mésange charbonnière (commune, présente partout)
  • mésange bleue (commune, présente partout)
  • mésange à longue queue (assez commune, présente presque partout)
  • pinson des arbres
  • rouge-gorge (commun, présent partout)
  • accenteur mouchet (commun, présent partout)
  • troglodyte mignon
  • sitelle torchepot (assez commune, présente presque partout) (alors qu’ils notent le grimpereau et que ces deux oiseaux partagent habituellement le même territoire
  • étourneau sansonnet
  • grive musicienne  (assez commune, présente presque partout)
  • pigeon ramier
  • tourterelle

 L’auteur cite bien plusieurs de ces oiseaux comme « à attirer », alors que le milieu ne s’y prète pas.

C’est le cas de la mésange noire qui est forestière et rare à Uccle, ce n’est pas en détruisant les zones boisées et les remplaçant par du bâti entouré d’un parc paysager qu’on va l’attirer.

 Mais les auteurs du document auraient pu penser attirer des moineaux, des rouge queue noirs (déjà présents dans le quartier de Calevoet), des martinets ou des hirondelles en plaçant des nichoirs sur les façades… toutes espèces qu'ils ignorent dans leur relevé.