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NOTE DE
BRUXELLES NATURE SUR LA POLLUTION LUMINEUSE.
La pollution
lumineuse est une des plus pernicieuses, car a priori, elle n’est pas
nuisible pour la santé, et très souvent, l’installation ou le
renforcement de l’éclairage public dans les villages et les communes
rime avec « progrès ».
Le choc de la
prise de conscience est venu pour beaucoup avec la publication de cette
extraordinaire photo composite prise par satellite et publiée par la
NASA, il y a quelques mois.
On y voyait
notre planète entière brillant de mille feux sous le ciel nocturne.
Seuls l’Afrique, le continent australien et la forêt amazonienne
restaient dans l’ombre.
Vues d’en
bas, les villes baignent la nuit dans un halo orange qui masque définitivement
la voûte céleste. La lumière au sodium, diffuse et peu directive est
dispersée par les molécules des gaz de la pollution aérienne et
constitue une chape orange et sale qui couvre toutes nos villes.
Cette cloche
sinistre prive à tout jamais les populations urbaines du firmament, des
étoiles, de la voie lactée, de la Grande Ourse et de
la constellation d’Orion, pour ne citer que les plus célèbres.
Ce n’est pas sans effet sur le psychisme des gens.
Cette
surabondance d’éclairage nocturne, trouve son origine très
probablement dans notre peur instinctive du noir. Mais elle n’est pas
sans conséquences graves pour la nature.
Des études ont
montré que les grandes agglomérations lumineuses, peuvent dérégler
le sens de l’orientation chez les oiseaux migrateurs. Beaucoup ont
encore en mémoire , la course tragique des jeunes tortues écloses qui
se précipitent vers les lumières du dancing de la plage, plutôt que
vers l’écume lumineuse des vagues censée leur indiquer la direction
de la mer.
Citons encore
les graves perturbations qu’entraînent les éclairages intempestifs
sur le comportement des rapaces nocturnes ou pour les insectes attirés
par les pièges lumineux.
A côté de ces
conséquences dommageables pour la faune et la flore, l’éclairage
abusif signifie également
un non sens économique, car pour produire de la lumière, il faut des
centrales électriques polluantes et dévoreuses d’énergie.
Il existe des
solutions.
L’adoption
d’un nouveau système d’éclairage avec abat-jour qui renvoie la
lumière vers le bas sur toutes les sources lumineuses éviterait les
pertes de lumières. L’angle des lumières doit être dirigé idéalement
vers le sol. L’éclairage des façades et panneaux publicitaires doit
être dirigé vers le bas et non le contraire. Un système de minuterie
devrait aussi être intégré. Les panneaux publicitaires et l’éclairage
des édifices devraient être coupé après 23 heures. Finalement
il faut limiter l’éclairage là où le besoin en est réel.
L’application de ces quelques méthodes de prévention permettrait de
réduire considérablement la lumière qui occupe le ciel nocturne.
Sachant que l’éclairage public renvoie de 30 à 50 pourcent de son énergie
vers le ciel, on estime que ces mesures représenteraient des économies
substantielles pour la communauté.
En
conclusion, Bruxelles Nature demande aux autorités publiques de prendre
en compte la question des nuisances lumineuses et affirme le droit des
citoyens à retrouver le bonheur simple de la contemplation d’un ciel
étoilé, même au sein des villes.
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