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NOTE SUR
L’ ETETAGE DES ARBRES.
L’abattage d’arbres situés
dans des lieux publics est souvent mal perçu par le public et soulève
d’impétueuses levées de bouclier. Les mutilations, imposées à ces
mêmes arbres lors des tailles d’entretien(taille en tête de chat, étêtage),
ont le plus souvent le même effet.
Le paradoxe veut que ces mutilations , en particulier l’étêtage ,
soient parfois proposées comme solution de remplacement de l’abattage en espérant ainsi pouvoir
conserver des arbres autrement condamnés. La mise au point sur l’étêtage
que nous proposons à pour but de prévenir ces « effets
pervers ».
1. Quelques définitions pour
commencer.
L’étêtage consiste en la
suppression de la cime d’un arbre; l’éhoupage ou ravalement consiste en la coupe
générale de toutes les branches sectionnées au ras du tronc. Le rapprochement consiste à
rabattre les branches au tiers de leur longueur. Un arbre têtard est un arbre qui a été étêté ou écimé et dont les
branches sont régulièrement ravalées(on obtenait ainsi, dans nos
campagnes, un véritable taillis aérien dont on tirait fagots, perches
ou rames sur les saules ,ormes, peupliers, platanes…).
2. Ces interventions mutilantes
entraînent un certain nombre de conséquences pour la santé et la
survie des arbres ainsi traités, pour la qualité paysagère des sites
souvent défigurés et pour le cadre de vie des habitants.
2.1. la réduction considérable de la surface foliaire diminue la
capacité de photosynthèse des arbres et donc leurs possibilités de
nutrition. L’arbre s’affaiblit et réagit en émettant une multitude
de rameaux et de gourmands qui font écran à la lumière et imposeront
des tailles de plus en plus fréquentes. De plus, les racines régressent
par épuisement des réserves, ce qui affecte la solidité de
l’ancrage dans le sol(risque de châblis).
2.2. les plaies de coupe effectuées transversalement sur l’axe
principal sont toujours importantes et ne cicatrisent jamais. Elles
offrent une porte ouverte aux germes, champignons et insectes ravageurs
divers. La pourriture s’installe et descend dans le tronc vers les
racines : l’espérance de vie de l’arbre aura diminué de moitié,
si ce n’est plus.
2.3. ces traitements enlèvent leur silhouette spécifique et naturelle aux
arbres qui prennent un aspect souffreteux et malingre : est-il
raisonnable de transformer en porte-manteau les platanes, arbres au port
naturellement majestueux.
En hiver, les alignements d’arbres ainsi transformés en poteaux
donnent un effet visuel particulièrement affligeant et déprimant..
En résumé, ces tailles exceptionnelles doivent demeurer une « exception ».L’étêtage
et le ravalement ne devrait être envisagé qu’en cas de nécessité
absolue(rééquilibrage d’un arbre ayant subi un traumatisme,
adaptation de la charpente à un environnement qui a changé) ou en préalable
à un abattage. Les arbres dépouillés de leurs branches dont ne
subsistent que moignons et pilons disgracieux devraient disparaître de
nos paysages urbains.
3. Certaines
essences d’arbres supportent mieux que d’autres l’étêtage et ont
d’ailleurs été traités
de cette manière dans nos campagnes, en particulier saules, peupliers,
ormes. Ils servaient d’éléments de bornage des parcelles, de «taillis
aérien »(voir point 1.) et constituent des éléments
traditionnels de nos paysages . Dans les sites classés et certains
sites paysagers particulièrement remarquables, derniers lambeaux de nos
anciennes campagnes, ce
type de traitement doit pouvoir continuer à être appliqué pour
sauvegarder l’authenticité des lieux (arbres têtards).
En ville, une attention particulière
doit être accordée au platane, . En effet, cette espèce rustique résiste
à toutes les pollutions, toutes les agressions…y compris les tailles « sauvages »,
ce qui en fait l’arbre à tout faire des divers services des
plantations de la Région Bruxelloise. Pour éviter les sinistres
tailles « en tête de chat », le platane devrait être
uniquement en port libre, à réserver aux alignements des larges
avenues monumentales (avenue de Tervuren, par ex.) et aux grands
parcs.
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