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Extrait de la
feuille de contact n°8/2003, périodique de la CCN Vogelzang
CBN (Commission pour
la Conservation, la
Gestion et le Développement de la Nature dans la vallée
du VOGELZANGbeek,
a.s.b.l.).
La vallée se
trouve à la limite sud-ouest d’Anderlecht et le Meylemeersch
est situé entre le site ULB – Erasme et le cimetière.
Comme
annoncé dans notre édition spéciale (Annonce Gestion
2002/2003), le projet de la SDRB a été mis à l’enquête
publique du 22.04.2002 au 06.05.2002.
Malgré
nos différentes actions contre ce projet (reportages médiatiques,
demande de classement, communiqué et articles de presse,
courrier aux Membres du Gouvernement et aux Députés du Conseil
de la Région de Bruxelles-Capitale, pétition, ...), la SDRB a
toujours refusé un vrai dialogue
et a développé un projet qui est sur plusieurs points
inacceptable. Notre Commission a donc été obligée de réagir
contre le projet. Une lettre motivée, accompagnée d’un
dossier rassemblant tous les arguments qui soutiennent notre
opposition a été envoyée à la Commune avec copie au Ministre
de l’Environnement et au Secrétaire d’État des Monuments
et des Sites. Voici son contenu :
___________________
Mesdames
et Messieurs,
Concerne:
Enquête
publique « SDRB – Erasmus Sud »
Dans
le cadre de l’enquête publique organisée suite à la demande
de la SDRB pour obtenir les certificats d’urbanisme et
d’environnement, la CCN Vogelzang CBN demande à être
entendue par la Commission de concertation à sa réunion du
15.05.2002. Etant donné la complexité du dossier et
l’importance pour l’environnement des habitants, nous
souhaitons également vous transmettre nos remarques par écrit.
Nous
avons pris en considération ce qui suit :
-
L’entièreté de la zone concernée a fait, en 1995,
l’objet d’une demande de classement motivée. Cette demande
était signée par douze associations pour la protection de la
Nature et notamment : Aves – Société
d’Etudes Ornithologiques (Section Bruxelles/Brabant), la CEBE
– Commission de l’Environnement Bruxelles et Environs, le
CNB – Cercle des Naturalistes de Belgique (Cercle des Guides
Nature du Brabant), l’Entente Nationale pour la Protection de
la Nature, le Front Commun de Groupements de Défense de la
Nature – Bruxelles, Jeunes & Nature, JNM – de Jeugdbond
voor Natuurstudie en Milieubescherming, la Ligue Royale Belge
pour la Protection des Oiseaux, Natuurreservaten BNVR depuis
2002 Natuurpunt (Afdeling Brussel), les Réserves Naturelles
RNOB, De Wielewaal depuis 2002 Natuurpunt (Afdeling Brussel) et
le WWF – Fonds Mondial pour la Nature.
-
La déclaration du Gouvernement de la Région de
Bruxelles-Capitale faite à l’occasion du classement du site
de la Vallée du Vogelzangbeek pour son intérêt scientifique
et esthétique (Arrêté du 12.11.1998), et notamment, «Dès que les études de
ces deux projets (l’incinérateur et zoning industriel) seront
plus avancées, une proposition d’extension du périmètre de
classement pourra être proposée au Gouvernement en deuxième
phase de manière à préserver une partie du paysage bocager et
rural qui jouxte le tronçon du site déjà protégé».
-
L’avis favorable de la Commission Royale des Monuments
et des Sites dont le périmètre comprend une partie du
Meylemeersch (le bas du site et le vallon le long du cimetière).
-
La demande du 30 juillet 1999 pour réactualiser la deuxième
phase du classement suivant un nouveau périmètre qui propose
le classement du bas du site (prairie avec saules têtards,
vergers et ferme) et le vallon qui longe le cimetière.
-
L’Etude de l’Environnement Bruxellois, réalisé par
l’ULB – Mens en Ruimte à la demande de l’IBGE, et
qui a reconnu le site comme Espace Vert Prioritaire.
-
La Carte d’Evaluation Biologique – Brichau, I.,
Ameeuw, G., Gryseels, M., & Paelinckx, D. – 2000, feuille
31/6 Nord, éditée par l’Instituut voor Natuurbehoud &
l’IBGE,
évaluant
les parcelles concernées de très haute valeur biologique, de
haute valeur biologique et indiquant la présence d’ensembles
d’éléments de très haute, haute et moindre valeur
biologique.
-
La remarque du PRAS : «Vogelenzang à Anderlecht :
pas d’extension de la zone verte mais, lors de la présentation
du permis d’urbanisme en vue de la viabilisation de cette
zone, la SDRB devra respecter les qualités paysagères du bas
du site. La ferme et la prairie bordée de saules têtards
seront conservées et intégrées à l’aménagement lié à la
zone d’industrie urbaine».
-
Le PRD (page 35899) qui prévoit : «La réalisation du Plan de
Maillage Vert et Bleu s’attache à fournir au citadin un cadre
de vie agréable basé sur plus de convivialité et à protéger
la biodiversité et les qualités écologiques des sites
naturels et semi-naturels», ou encore (page 35905,
4.1.) : «Il s’agit également
de garantir la protection de la biodiversité et des qualités
écologiques des sites naturels et semi-naturels, en veillant à
leur conservation et à leur mise en réseau».
-
Le communiqué de presse du Front Commun des Groupements
pour la Défense de la Nature – Région Bruxelloise qui dénonce
le développement d’un nouveau projet sur un site rural avec
des valeurs naturelles et paysagères exceptionnelles pendant
que de nombreux anciens sites industriels abandonnés attendent
leur réaffectation.
-
La pétition, lancée par la CCN Vogelzang CBN, qui
demande la protection des valeurs naturelles et esthétiques du
site et une concertation préalable à l’enquête publique.
Cette pétition a recueilli à ce jour plus de 1725 signatures
en faveur du patrimoine naturel du site et sera remise aux
autorités en temps voulu.
Les
considérations ci-avant sont rassemblées dans le dossier «MEYLEMEERSCH/ANDERLECHT»
qui fait, au même titre que les autres annexes, intégralement
partie de la présente demande. Elles renforcent la certitude
que le Meylemeersch a toujours été, malgré son affectation
par le PRAS en zone d’industrie urbaine, un paysage rural
bocager d’une grande valeur biologique et esthétique. Par
conséquence, la CCN
Vogelzang CBN, les douze Associations, leurs membres et les 1725
signataires de la pétition souhaitent que le projet de la
SDRB soit adapté aux remarques suivantes :
REMARQUES
1.
Comme dénoncé par le communiqué de presse du Front
Commun de Groupements pour la Défense de la Nature – Région
Bruxelles, nous sommes opposés à la tendance actuelle qui vise
l’urbanisation de nos derniers espaces libres, surtout si
ceux-ci ont une valeur biologique reconnue. Nous rappelons que
bon nombre d’anciens sites industriels et d’habitations sont
toujours laissés à l’abandon ! D’autre part, il est
regrettable que la SDRB n’a pas jugé bon de répondre aux
appels des associations pour se concerter au stade de
l’avant-projet. En refusant le dialogue, elle a écarté la
possibilité de présenter un projet plus équilibré qui
respecte mieux les valeurs de notre patrimoine commun. Ceci nous
rappelle une autre enquête publique concernant le site, il y a
un peu plus d’un mois (Aquafin). En plus, ce comportement va
à l’encontre de la nouvelle culture politique annoncée.
2.
La remarque du PRAS n’a été que partiellement suivie,
car si la partie basse du site n’est pas touchée par les
zones de construction importante (A, B et C), elle sera
cependant modifiée (voir dégradée) par les aménagements dans
et autour de la zone D. Les interventions dans la partie basse
doivent être limitées au strict nécessaire (passage des
canalisations d’égouts, aménagement de promenade, réaffectation
de la ferme...). L’aménagement d’un parking de 40
emplacements et la création d’un passage carrossable vers la
rue de Vogelenzang (Promenade Verte) sont inacceptables !
La CCN Vogelzang CBN souhaite souligner que le respect du
paysage implique également le maintien, la conservation, la
restauration et la réhabilitation de tous les éléments qui
forment son caractère rural. Nous demandons que le projet de la
SDRB prévoit en parallèle la restauration du paysage qui
souffre, depuis quelques années, de nombreuses dégradations :
abandon de la ferme aux vandales et aux intempéries (bris de
vitres, toiture endommagée, façades fissurées, grange
partiellement effondrée...), saules têtards non taillés
(plusieurs arbres sont déchirés par la chute de leurs branches
devenues trop lourdes), manque d’entretien des arbres
fruitiers et non-remplacement des arbres morts ou tombés,
haies mal entretenues ... Nous dénonçons l’abandon actuel du
site, car les travaux de gestion les plus élémentaires ne sont
plus effectués ! Les valeurs biologiques et esthétiques
existantes ne semblent donc pas être d’un grand intérêt
pour la SDRB qui préfère peut-être que celles-ci se dégradent
davantage pour pouvoir recréer un nouveau paysage en fonction
de son projet (?).
3.
La Carte d’Evaluation Biologique (Instituut voor
Natuurbehoud et Institut Bruxellois pour la Gestion de
l’Environnement) démontre que le vallon du Meylemeersch, qui
descend le long du cimetière (de la route de Lennik à la rue
de Vogelenzang), possède également des valeurs biologiques
considérables. La nidification, les cinq dernières années, de
la Chouette chevêche dans le haut du vallon confirme la valeur
écologique exceptionnelle de ce paysage. Cette espèce rare se
maintient, sur le territoire de notre Région, uniquement à
Anderlecht dans les vallées du Vogelzangbeek et du Neerpedebeek
(+ 7 couples nicheurs). Le vallon du Meylemeersch mérite
donc, au même titre que la partie basse du site, d’être
conservé et respecté. L’implantation de la zone de
construction C dans l’axe du vallon doit donc être modifiée.
La CCN Vogelzang CBN propose deux alternatives pour cette
implantation (voir croquis avec propositions en annexe). Afin
d’obtenir une meilleure intégration dans le paysage, les bâtiments
de cette zone devront être limités en hauteur (maximum trois
étages). Le plan d’eau, prévu dans la partie centrale, peut
être déplacé vers l’axe du vallon, ce qui nous semble une
situation plus naturelle. Ainsi, on obtiendra un espace vert qui
respecte l’intégralité et le caractère rural du paysage
(voir aussi remarque 2). Si cette modification n’est pas
acceptée, notre avis sera négatif.
4.
Une adaptation du projet aux remarques 2 & 3
garantira la conservation du patrimoine, et de toute évidence
cela doit bénéficier aux habitants de notre Commune et notre Région
ainsi qu’aux occupants du parc industriel et environs. Afin de
pouvoir réaliser cet objectif, la CCN Vogelzang CBN a proposé
de développer sur le site des activités liées à
l’environnement et au patrimoine existant (Promenade locale et
Ferme pour Enfants). Ces projets ont déjà été proposés à
la Commune lors d’une collaboration précédente (voir «Liste
des Projets pour la Vallée du Vogelzangbeek», projets 3, 4, 6,
14, 16 et 17) et il serait utile de demander à la SDRB de
prendre en charge ces travaux en guise de compensation, car
ainsi, le développement économique sera aussi source de
sensibilisation et d’éducation à l’environnement. Nous
rappelons que la conception, la réalisation et la suite de ces
différents projets sont à prévoir en fonction des intérêts
scientifiques et esthétiques de ce patrimoine commun. La réalisation
des projets devra se faire selon les critères et les priorités
suivantes : la conservation et la protection des zones et
des éléments de haute et très haute valeur biologique, le développement
de la biodiversité (favoriser les éléments et les espèces
indigènes locaux), le renforcement et le respect du caractère
rural du paysage (utilisation d’éléments et de matériaux
d’origine et authentiques), la prévision d’une gestion en
fonction des différents biotopes et en respectant les pratiques
ancestrales (fauchage, pâturage et entretien des haies, des
saules têtards, des vergers...). De même, nous proposons que,
là où c’est possible, tous les aménagements liés au projet
de la SDRB soient également soumis à ces critères et priorités.
5.
Les effets négatifs de la circulation routière supplémentaire
sont à neutraliser par l’interdiction de tout autre accès
que celui de la route de Lennik. En plus, on doit à tout prix
éviter que les quartiers d’habitations avoisinantes
deviennent des parking au profit du parc industriel.
N’oublions pas la réponse du Ministre Eric Tomas suite à une
question de Monsieur W. Vandenbossche :
«... Au surplus, le site
sera très bientôt desservi par le métro ce qui représente un
très gros investissement public qui mérite d’être
rentabilisé par la création d’un parc permettant
d’accueillir des activités nouvelles et non polluantes...».Dans
leurs déplacements, les occupants du parc industriel doivent
donc se servir de préférence de ce moyen de transport, afin de
ne pas provoquer des nuisances complémentaires pour
l’environnement des habitants et pour la partie du site à préserver.
6.
Lors du développement de l’urbanisation dans la vallée
(Centre Hospitalier Erasme, zones d’industrie urbaine de la
route de Lennik...), ni la Région de Bruxelles-Capitale, ni la
Commune d’Anderlecht semblent avoir évalué à sa juste
valeur les problèmes liés à l’évacuation des eaux usées
avec comme conséquence, une pollution inacceptable du
Vogelzangbeek. Ceci est en contradiction flagrante avec les
discours officiels (voir PRD). Si les certificats sont délivrés
pour le projet de la SDRB, on doit obligatoirement les coupler
au développement d’un collecteur qui garantira
l’assainissement du Vogelzangbeek (voir les remarques de notre
Commission concernant les projets Aquafin et AED).
7.
La CCN Vogelzang CBN dénonce une nouvelle fois le délai
inadapté de cette enquête publique, car des projets «importants»
demandent aussi des délais «plus importants». En effet, ces
projets demandent en général plusieurs mois - voire plusieurs
années - d’étude aux professionnels, or la population, elle,
doit se contenter de 15 jours d’enquête dont 10 jours
ouvrables (13 demi-journées pour consulter le dossier). Si on
tient aussi compte que personne n’est informé dès le premier
jour, on comprendra alors que, dans ce délai, même le
professionnel le plus performant n’est pas en mesure d’étudier
complètement le dossier, de se former une opinion et de
formuler éventuellement des remarques motivées. Ce délai est,
pour beaucoup d’habitants, un réel obstacle pour pouvoir
exercer leurs droits les plus élémentaires, c’est-à-dire
pouvoir défendre la qualité de leur environnement. De plus, le
refus de dialogue préalable avec les associations et les comités
de quartier n’a pas permis non plus de préparer un dossier équilibré
et ceci a renforcé l’impression que la SDRB n’est pas à
l’écoute quant aux inquiétudes provoquées par
l’implantation d’un tel projet. Nous tenons donc à préciser
que, par manque de temps, nos remarques sont probablement
incomplètes et imprécises. Néanmoins, nous sommes disposés
à fournir tout renseignement ou détail complémentaire qui
permettra de mieux connaître les valeurs biologiques et esthétiques
de notre patrimoine.
CONCLUSIONS
Le
Meylemeersch, ou plutôt ce qu’il en reste, mérite toute
notre attention, car l’exception de ce type de paysage dans
notre environnement urbanisé en fait aussi une sorte de relique
qui est à conserver pour nos enfants, nos petits-enfants et
ceux qui suivront. Son intérêt dépasse de loin le simple intérêt
économique, car actuellement la conservation et la protection
du patrimoine commun sont devenues des préoccupations majeures
pour les habitants qui ont pris conscience que ce patrimoine
constitue un enrichissement considérable pour leur
environnement. Nous regrettons que les promoteurs de ce projet
n’aient pas pris en considération cet aspect du projet, et
ceci malgré les différentes actions qui ont été menées par
la CCN Vogelzang CBN et le Front Commun de Groupements de Défense
de la Nature. Communiqués de presse, articles de presse,
courriers aux Députés du Conseil de la Région de
Bruxelles-Capitale et aux Membres du Gouvernement n’ont pas eu
le résultat escompté et n’ont pas abouti au dialogue non
plus. Dommage !
On pouvait donc s’attendre à un projet imparfait. En effet,
trop de points nous laissent insatisfaits ou sont inacceptables.
Ils constituent une menace pour les valeurs biologiques et esthétiques
de notre patrimoine commun et, sauf adaptation du projet aux
remarques de notre Commission, nous sommes forcés de rendre un
avis défavorable.
Nous
espérons que la Commune d’Anderlecht et la Région de
Bruxelles-Capitale adopteront, comme nous, une attitude critique
envers ce projet en ce qui concerne le fond, mais surtout en ce
qui concerne la forme proposée. Nous espérons aussi que ceci
sera le départ d’un dialogue qui, dans l’intérêt de tous,
pourra aboutir dans une coopération efficace en faveur de notre
environnement. Dans cet espoir, nous vous prions d’agréer,
Mesdames et Messieurs, l’expression de nos sentiments très
distingués.
(Bruxelles,
6 mai 2002)
__________________________
Lors de l’enquête publique
et de la réunion de concertation, beaucoup de monde a manifesté
son opposition contre ce projet. Suite à cette opposition, la
Commission de Concertation a chargé un Comité
d’Accompagnement d’évaluer une étude d’incidences qui
est en cours. Grâce au dossier solide que nous avions constitué,
notre Commission a été désignée comme membre expert de ce
Comité et nous sommes donc en première loge pour suivre ces
travaux.
Le bureau d’études
AGORA, chargé de l’étude d’incidences, a bien été à
l’écoute des remarques qui ont été formulées par nous et
les autres membres du Comité. Dans la plupart des cas, cela a
aussi été traduit dans l’étude, sauf en ce qui concerne
deux points, qui ne sont pourtant pas les moindres ! Ainsi,
le chargé de l’étude a soutenu la thèse que les remarques
du PRAS n’ont pas force de loi et que, seul les prescriptions
comptent.
Comme membre expert du Comité,
nous avons marqué notre désaccord et avons rappelé cela par
écrit. Etant donné que les autres participants n’ont pas réagi,
nous avons aussi demandé que le Comité examine les aspects
juridiques de ces éléments du PRAS.
La décision du
Gouvernement concernant la conservation d’une partie du
Meylemeersch a été notifiée dans le compte rendu de sa réunion
du 20 juillet 2000. Dans leur courrier, plusieurs membres du
Gouvernement nous ont fait part de cette décision et notamment
le précédent Ministre-Président Jacques Simonet (actuellement
Bourgmestre d’Anderlecht), le Ministre Eric Tomas et le Secrétaire
d’État Robert Delathouwer. Cette décision fut aussi confirmée
au Parlement bruxellois par Eric Tomas, Ministre de tutelle de
la SDRB lors de sa réponse aux questions écrites n° 48 de M.
Cools et n° 64 de W. Vandenbossche.
Dans le PRAS,
cette décision est reprise parmi les remarques du Gouvernement
et publiée dans le Moniteur Belge du 14 juin 2001, page 20039.
Pour certains, ce
n’est peut-être qu’un détail, mais le fait que le Bureau
d’Études Agora désigné par la SDRB refuse de mentionner
cette décision dans le chapitre «Urbanisme» de son étude
d’incidences est, à notre avis, intenable, car ceci donne
l’impression que le projet pourrait se développer sans
restrictions sur toute la surface du site. Afin de pouvoir évaluer
correctement les incidences, il convient en effet de mentionner
la décision gouvernementale dans tous les chapitres où la
non-application de cette décision risque d’avoir des
incidences. C’est le cas pour la plupart des chapitres. Chaque
fois qu’on mentionne l’affectation du PRAS sans y ajouter la
remarque concernant le site, on met en doute la décision et
donc la parole et la crédibilité de notre Gouvernement. Est-ce
bien raisonnable ?
Récemment encore,
l’actuel Ministre-Président François-Xavier de Donnea a
confirmé la décision du Gouvernement et a donné la garantie
qu’elle sera aussi appliquée. Pourquoi alors a-t-on peur
d’en tenir compte dans l’étude d’incidences ?
En ce qui concerne
les alternatives, nous avons ajouté une précision. En effet,
au cours des réunions, il a été précisé que les
alternatives peuvent être cumulées, et dans ce cas, elles
constituent une solution acceptable au niveau de la conservation
du patrimoine paysager existant. De cette façon, on obtiendra
deux zones bien distinctes. Celle située au nord-ouest du site
sera urbanisée et entièrement consacrée au projet « Erasmus
Sud ». L’autre zone, située au sud-est constituera la
zone verte préservée (vallon du Meylemeersch et la partie
basse du site, y compris la ferme). De ce fait, les adaptions
suivantes s’imposent :
-
La limite entre les deux zones pourrait être marquée
par une voirie rurale qui relie l’amorce existante à côté
de la ferme, rue Meylemeersch, avec l’extrémité de
l’avenue des Millepertuis. Revêtement (pavés de rues et
piste cyclable), aménagement et plantations renforceront le
caractère rural du paysage. L’accès sera limité aux piétons,
aux cyclistes et aux services de secours.
-
La voirie liée à la zone urbanisée est à revoir en
fonction des besoins de cette zone. A notre avis, l’accès
secondaire par la route de Lennik n’a plus raison d’être.
Idem pour le giratoire annexe. Une voirie externe n’a donc
plus d’utilité. Les trois zones constructibles peuvent être
desservies par une voirie interne en boucle comprenant deux
bandes de circulation en sens unique. Ceci signifierait une économie
importante sur ce poste et une diminution des nuisances au
niveau de la circulation.
-
Les travaux dans la zone préservée seront donc limités
à l’aménagement de la voirie rurale, aux travaux d’égouttage,
la restauration de la ferme et la réalisation des différents
bassins d’orage.
Dans le chapitre
«Interactions», l’étude doit mettre en évidence les liens
qu’il y a entre les incidences (positives ou négatives) des
différents chapitres. Nous avons donc demandé que dans ce
chapitre, on approfondisse davantage les automatismes liés à
nos propositions, car les incidences positives (conservation du
paysage, mise en valeur du patrimoine, rôle éducatif et
didactique, développement durable, fonction sociale et récréative,
...) sont loin d’être négligeables. Les habitants sont
conscients que le patrimoine enrichit considérablement leur
environnement et ils ont raison d’être inquiets quant à
l’envergure de ce projet. Dans cette optique, nous nous
rallions à la thèse de Monsieur De Greef, Président du Comité
de quartier « Vogelenzang », qui demandait la
suppression de la zone de construction située dans l’axe du
vallon si on refuse l’alternative d’implantation des zones
constructibles. Nous comprenons que le délai de la procédure
imposé par la législation ne permet plus d’étudier les
incidences liées à cette alternative. Mais en même temps,
nous regrettons que, par manque de temps, l’étude sera
incomplète. Dommage !
Nous constatons que cette étude
d’incidences met bien à jour les dégradations qui seront
causées aux valeurs scientifiques et esthétiques du
Meylemeersch si le projet de la SDRB est réalisé comme prévu.
Ainsi, dans le chapitre « Faune et Flore », on prévoit
des destructions au niveau de toutes les zones de construction
avec des pertes de plusieurs zones de haute et de très haute
valeur biologique, ainsi qu’au niveau des vergers (ensemble
d’éléments de valeur biologique moindre et de très haute
valeur biologique). On prévoit également que ces destructions
provoqueront une forte dégradation des valeurs scientifiques du
vallon, avec comme conséquence la perte du site de nidification
de la Chouette chevêche !
Au niveau du
paysage (valeurs esthétiques), l’étude dénonce que la
disposition des trois zones de construction principales ne
s’intègrent pas dans le paysage bocager existant, que
l’espace vert intérieur n’est pas intégré au vallon, ce
qui lui donne un caractère très artificiel, que
l’implantation d’un centre pour séminaires et colloques en
lieu et place de la ferme existante dénature l’esprit même
de l’endroit. L’étude trouve que la conservation de la
plupart des fruitiers et des saules têtards est positive, mais
ajoute qu’il faudra prévoir de donner aux vergers la
possibilité de se développer et d’assurer la pérennité des
alignements d’arbres.
Au chapitre « Social et
économique », le chargé d’étude a également étudié
la faisabilité d’un projet pour implanter une ferme
didactique sur le site. En conclusion, il juge ce projet
difficile en raison de l’insuffisance de terrains disponibles
(!). En effet, l’étude se base uniquement sur les espaces
disponibles à l’intérieur du projet de la SDRB, c’est-à-dire :
le potager devant la ferme (150 m2), le verger (3.000 m2) et une
partie de la prairie bordée de saules têtards. Si on ajoute à
cela les parties du vallon qui seront conservées ( si on suit
notre avis) et celles qui sont situées dans la zone verte le
long du cimetière, ainsi que les parties du verger et de la
prairie à saules têtards qui se trouvent à l’extérieur du
site SDRB (à cause des nouvelles limites de propriété), le
verger appartenant à l’ULB, les parcelles encore disponibles
ailleurs dans la vallée (propriétés ULB, CPAS et Commune),
etc., cet argument ne tient pas la route ! La SDRB a aussi
fait savoir que ce genre de projet sort totalement du cadre de
ses missions. Tiens tiens..., le développement économique on
connaît, mais le développement durable c’est quoi çà ?
A propos des
nouvelles limites de propriété, nous avons fait remarquer que
celles-ci ne respectent pas le paysage. En effet, aussi bien le
verger que la prairie à saules têtards sont amputés d’une
partie et cela est déjà une atteinte à l’intégrité du
paysage. Le non-respect des structures du paysage bocager qui en
constituent une des valeurs principales est donc en
contradiction avec la promesse du Gouvernement.
Dans le chapitre
« Synthèse et conclusion » (para-graphe « Patrimoine »)
en fin de l’étude, il y a une petite phrase qui dit : En ce qui concerne l’aménagement
de la zone D (la ferme), le projet n’est pas
conforme à la décision gouvernementale du 16/11/2000 qui
demande la conservation de la ferme.
En principe, cette
étude d’incidences fera l’objet d’une nouvelle enquête
publique, et à cette occasion, la CCN Vogelzang CBN
renouvellera ses remarques contre ce projet. Ces remarques
seront complétées avec des nouveaux détails et renforcées
avec les + 2000 signatures de notre pétition. Après
cette enquête publique, les différentes autorités régionales
et communales décideront si le projet de la SDRB obtient, oui
ou non, les certificats d’urbanisme et d’environnement. On
ne peut pas prédire dans quelle mesure les autorités tiendront
compte des conclusions de la Commission de Concertation, mais on
voit mal comment elles pourraient ignorer les arguments et les
recommandations de cette commission. Tout est donc encore
possible et nous croisons les doigts pour que vos signatures en
faveur de la conservation d’une partie du Meylemeersch et les
efforts de notre Commission ne soient pas vains.
Nous en profitons
aussi pour remercier toutes les associations et les personnes
qui nous ont soutenus et encouragés dans ce combat qui vise à
conserver, pour les générations futures, ce petit coin
bucolique plein de charme et débordant de vie attachante. Merci
aussi au nom de toute cette faune et flore qui, si on les
laissent faire, nous le rendront certainement à chaque fois que
nous passerons par le Meylemeersch.
INFO: Peter Vanbellinghen,
e-mail: vogelzang@easynet.be
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